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Imagine-toi à la fin de la Seconde Guerre mondiale : tu as survécu, mais ta maison est partie sous les bombes. Le pays doit se reconstruire, mais n'a plus d'argent, plus d'entreprises, plus de réseau de transport. Ton pays a besoin d'aide, mais qui diable peut le sauver ? Deux choix sont possibles : les États-Unis, avec l'aide financière du…
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Jetzt kostenlos anmeldenImagine-toi à la fin de la Seconde Guerre mondiale : tu as survécu, mais ta maison est partie sous les bombes. Le pays doit se reconstruire, mais n'a plus d'argent, plus d'entreprises, plus de réseau de transport. Ton pays a besoin d'aide, mais qui diable peut le sauver ? Deux choix sont possibles : les États-Unis, avec l'aide financière du plan Marshall ou l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), avec leur régime communiste qui conquiert déjà l'Europe de l'Est.
Ainsi, à partir de 1948, la France et seize autres pays européens bénéficient du plan proposé par George Marshall, secrétaire d'État américain, pour une reconstruction capitaliste. Le plan Marshall s'inscrit dans la doctrine Truman, qui aux prémices de la guerre froide, participe à la solidification du bloc de l'Ouest face au bloc de l'Est. Après la chute du fascisme et du nazisme, le communisme est en effet vu comme la prochaine grande menace pour la démocratie libérale européenne. Étudions comment les États-Unis assurent leur influence et la coopération internationale en Europe occidentale par le biais du plan Marshall.
Après la Seconde Guerre mondiale, les anciens Alliés soviétiques et américains s'engagent dans une course pour la domination idéologique d'une Europe dévastée. Le plan Marshall fait partie de la stratégie américaine, définie dans la doctrine Truman.
À partir de 1946, l'Union soviétique réussit ainsi à faire entrer la majeure partie de l'Europe orientale dans sa sphère d'influence. Ces pays font désormais partie du glacis de sécurité pour protéger le territoire soviétique. Les Occidentaux pensent raisonnablement que l'URSS va tenter de continuer son expansion vers l'ouest.
Les soulèvements communistes en Grèce et en Turquie d'après-guerre renforcent la crainte anglo-américaine de voir l'URSS s'emparer du reste de l'Europe.
La Grèce est en proie à une guerre civile depuis 1943. Les factions nationalistes et communistes se battent pour la suprématie sur le pays. La guerre est divisée en trois phases distinctes. Les deux premières phases durent chacune un an, mais la troisième phase, à partir de 1946, est le point culminant de la guerre civile à grande échelle en Grèce.
Image 1. Harry Truman, président des États-Unis, 1947
Après la Grèce et la Turquie, qui sera le suivant ?
En mars 1947, le président américain Harry Truman s'adresse au Congrès et déclare que si la Grèce et la Turquie ne reçoivent aucun soutien, elles seraient assimilées au communisme et cela favoriserait la diffusion de la politique rouge en Europe.
En juillet 1948, ce discours se concrétise sous la forme de la doctrine Truman ou stratégie de containment (endiguement). La menace communiste en Europe serait ainsi endiguée par l'aide financière américaine.
Pour la Grèce et la Turquie, cette aide financière se présente sous la forme de 400 millions de dollars américains. Cela contribue à la défaite des communistes dans ces pays en 1949 et leur permet de devenir de solides alliés anticommunistes.
Le plan de Truman semble être un succès. Il faut maintenant se pencher sur le reste de l'Europe : c'est le but du plan Marshall.
Le plan Marshall, ou de son nom officiel le programme de redressement européen (European Recovery Program ou ERP), est lancé le 3 avril 1948. Il apporte une aide économique à l'Europe de l'Ouest pour qu'elle se reconstruise.
Le président Truman n'est pas le seul à penser que l'aide économique sauvera l'Europe. Le secrétaire d'État américain George Marshall déclare en juin 1947 que l'Europe a un besoin urgent d'aide économique et que les États-Unis doivent être les premiers à l'aider.
Image 2. Le général et secrétaire d'État américain George Marshall, 19401
Date | Étape |
5 juin 1947 | Discours de George Marshall affirmant la nécessité d'apporter une aide économique à l'Europe. |
27 juin 1947–2 juillet 1947 | Conférence de Paris, où les modalités du plan sont discutées, sans l'URSS et ses satellites, qui refusent de participer. |
20 septembre 1947 | Signature du plan Marshall par seize pays européens. |
13 & 31 mars 1948 | Vote du plan Marshall par le Congrès américain. |
3 avril 1948 | Signature du plan Marshall par le président américain Harry Truman. Début de l'aide financière et économique. |
1949 | Entrée de la République fédérale d'Allemagne (Allemagne de l'Ouest) dans le plan. |
30 juin 1952 | Fin du plan Marshall. |
Le plan Marshall prévoit de fournir plus de 13 milliards de dollars américains à 16 pays européens sur une période de quatre ans. Ces fonds doivent permettre de reconstruire les villes, les infrastructures et les industries, contribuant ainsi à renforcer l'économie européenne.
Le plan Marshall s'assimile plus à une subvention qu'un prêt. Les États-Unis accordent néanmoins une aide financière supplémentaire à certains pays, comme le Royaume-Uni, sous forme de prêt. Les anciens pays neutres comme l'Irlande reçoivent la plupart de leurs fonds sous forme de prêts.
Cette aide économique n'est pas apportée de manière altruiste. Les États bénéficiaires doivent développer les échanges commerciaux avec les États-Unis. La production américaine est florissante à l'époque et les États-Unis deviennent les premiers exportateurs en Europe occidentale pendant longtemps.
Altruisme : disposition à s'intéresser à autrui et agir pour son bien
De plus, outre l'avantage économique, ce plan Marshall permet de réduire le risque d'implantation du communisme.
Image 3. Logo inscrit sur les donations américaines à l'Europe, 1948–1953
17 pays reçoivent de l'aide financière et économique dans le cadre du plan Marshall : Autriche, Belgique et Luxembourg, Danemark, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie (et San Marino), Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse (et Liechtenstein), Turquie, Royaume-Uni et Allemagne de l'Ouest (en 1949).
Image 4. Carte des bénéficiaires du plan Marshall, sans le Luxembourg2Les bâtonnets bleus représentent le montant de l'aide perçue.
Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne de l'Ouest reçoivent le plus d'aide, ayant le plus souffert de la guerre.
Le plan Marshall est administré par :
Le 30 septembre 1961, l'OECE est remplacée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), toujours en activité.
Le plan Marshall prend fin une fois que les conditions économiques exceptionnelles qui l'ont motivé disparaissent.
Le plan Marshall est débattu lors de la conférence internationale de Paris (12 juillet–22 septembre 1947).
La France touche environ 2,8 milliards de dollars : 2,5 milliards sont des dons, 225 millions des prêts, remboursés dans les années 1960.
Les fonds reçus participent à la reconstruction des infrastructures, à la lutte contre l'inflation et à la création de nouvelles sources de richesses. Les nationalisations du Gouvernement provisoire de la République française (1944–1946), le plan Monnet (1946–1950) et le plan Marshall permettent de faire lentement remonter la production.
La production française finit par dépasser son niveau d'avant-guerre en 1949, tout en restant inférieure au niveau de 1929, avant la Grande Dépression.
Le développement de l'industrie et la modernisation de l'agriculture sont ainsi accélérés, les secteurs s'équipant pour stimuler la croissance.
La France rentre théoriquement dans la période des Trente Glorieuses dès 1945, mais les tickets de rationnement sont rétablis cette même année. Le pays fait en effet face à une forte pénurie due à un manque de production et des difficultés d'approvisionnement. Ce n'est qu'en décembre 1949 que disparaissent les derniers tickets de rationnement grâce à l'apport financier du plan Marshall.
Une des conditions du plan Marshall est la collaboration européenne. La France s'engage activement dans cette direction. Outre sa participation à l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord (OTAN), elle fait partie du Conseil de l'Europe dès 1940, qui promeut la démocratie et la protection des droits de l'homme et l'État de droit.
La Convention européenne des droits de l'Homme entre en vigueur le 3 septembre 1953 dans 10 pays d'Europe occidentale. La France ne ratifie le texte que le
En 1950, Robert Schuman et Jean Monnet vont plus loin et appellent à la mise en commun des productions françaises et allemandes de charbon et d'acier. La Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) est créée en 1951 et rassemble 6 pays. La coopération européenne continue en 1957 avec les traités de Rome et la Communauté économique européenne (CEE).
Pour en savoir plus sur les origines de l'Union européenne, consulte nos résumés sur la création de l'Europe et la construction européenne !
L'Union soviétique et ses États satellites se sont également vu offrir une aide financière dans le cadre du plan Marshall. Par cohérence idéologique, l'offre est rejetée par l'Union soviétique et ses États satellites, ainsi que par la Finlande. L'URSS qualifie en effet le plan Marshall de tentative d'instaurer un « impérialisme du dollar » en exerçant une emprise sur les affaires politiques européennes.
L'Union soviétique élabore alors son propre plan d'aide financière. L'aide soviétique s'appelle le plan Molotov, du nom de l'homologue soviétique de George C. Marshall, Viatcheslav Molotov, ministre soviétique des Affaires étrangères.
Viatcheslav Molotov donne son nom au cocktail Molotov. En 1939, l'URSS envahit la Finlande et Molotov assure qu'il s'agit d'une mission humanitaire. La population finlandaise riposte aux chars d'assaut de l'Armée rouge en utilisant ce dispositif incendiaire, qu'elle baptise « cocktail Molotov » pour répondre au mensonge de la propagande soviétique.
En janvier 1949, le plan Molotov devient le Conseil d'assistance économique mutuelle, CAEM ou COMECON.
Image 5. Logo du COMECON, 1949–19913
Le COMECON est une organisation économique dirigée par l'Union soviétique, à laquelle se sont joints plusieurs de ses États satellites : l'Albanie, la République démocratique allemande (RDA), la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie ainsi que la Mongolie, Cuba et le Vietnam plus tard.
Le COMECON fonctionne jusqu'en 1991 et, bien qu'il soit assez fructueux, notamment en matière de coopération entre les États communistes, il n'est pas aussi efficace que le plan Marshall.
Au fil du temps, l'économie d'Europe occidentale revit grâce au plan Marshall, tandis que les pays d'Europe de l'Est ne connaissent pas de réelle prospérité. Outre la reconstruction des pays, l'endiguement du communisme en Europe occidentale est un succès.
Le but du plan Marshall est de reconstruire l'Europe occidentale sous l'égide américaine pour devancer et endiguer la progression de l'URSS vers l'ouest.
Les objectifs du plan Marshall sont :
Les caractéristiques du plan Marshall impliquent un partenariat commercial obligatoire avec les pays bénéficiaires des dons.
Le plan Marshall a profité à 17 pays d'Europe occidentale, qui se sont reconstruits économiquement, et aux États-Unis, qui se sont assurés une influence solide dans la région.
Le plan Marshall a divisé le monde, ou en tout cas l'Europe, en deux :
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